mercredi 22 septembre 2010

Boulder

La ville où j’ai passé les presque six derniers mois se pelotonne au pied des montagnes, à la lisière des grandes plaines et des Rocheuses.

La séparation géographique est vraiment franche, ce qui donne un climat extrêmement particulier à la région. En effet, le climat continental fournit des jours chauds l’été (300 jours de soleil par an !) et froids l’hiver (avec de la neige, mais presque pas de pluie). De plus, les vents dominants provenant de l’Ouest déversent leur lot de pluie sur les hautes Rocheuses (plus de 4 000m), avant de dévaler sur les grands plaines, ce qui donne un air extrêmement sec sur Denver et Boulder. La chaleur est donc largement plus supportable qu’à San Francisco ou New York, idem l'hiver.


Comme vous pouvez le voir sur la carte, Denver, c’est géographiquement très bien placé. L’aéroport, à 1h30 de bus (gratuit pour les étudiants, mais pas pour moi …) ou 40min en voiture de Boulder, permet de voyager aisément aux quatre coins des Usa. Côté roadtrip, l’Interstate 70 permet de traverser les Rocheuses assez rapidement vers Utah, Arizona, voire Nevada et Californie, tandis que la 25 nous emmène au sud à Santa Fe et au Nouveau Mexique en 4h de trajet. Au nord, de toute façon, il n’y a pas grand-chose à faire, mais si on y tient vraiment, Yellowstone n’est qu’à 8-9h de route.

Boulder est situé à une quarantaine de miles (60km) au nord de Denver. La ville compte environ 100 000 habitants, dont pas loin de 30 000 étudiants de la Colorado University (ou CU), la plus grande du Colorado. Cela donne une touche franchement étudiante à Boulder, considérée comme la 2e ville la plus festive aux Usa. Son campus pointe également à la 2e place des plus jolis du pays. Enfin, jamais deux sans trois (ou plutôt, restons dans les deux), la ville abrite la 2e plus grande concentration de restaurants (fast-foods compris bien sûr).


Mais Boulder, ce n’est pas seulement une ville étudiante. De nombreux centres de recherches y sont également implantés, entre autres la NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Administration), le NCAR (National Center for Atmospheric Research), le NIST (National Institute of Standarts and Technologies), et également le 3e plus gros centre de recherche d’IBM aux Usa. Et pour éviter d’être un éternel Poulidor, ces centres lui permettent d’occuper la première place dans le classement de villes avec le plus fort taux de diplômés du secondaire des Usa.

Plus exotiquement, on peut également citer la seule université bouddhiste au monde, la Naropa University, et également le jumelage de la ville avec Lhassa.


Forcément, entre les étudiants et les chercheurs (bien mieux considérés qu’en France, soit dit en passant), la ville offre un mélange très particulier de jeunesse, de richesse, de développement artistique et culturel, le tout conduisant à un haut niveau de vie. D’ailleurs, depuis les années 60, les habitants ont décidé d’une taxe afin d’acheter les terrains environnants pour les déclarer inconstructibles, ce qui a pour effet de faire grimper les prix de l’immobilier. Une autre loi interdit les immeubles de plus de trois étages. Il y a donc un côté "cool" et relaxant dans cette ville que l'on aperçoit pas forcément ailleurs. Le sentiment de sécurité et de confiance que l'on y a est réellement impressionnant notamment par rapport à Paris, les gens garent leur voiture sans fermer les fenêtres, mes colocs laissaient l'appartement ouvert quand ils partaient, on peut sortir des liasses de billets sans être inquiété, j'ai oublié plusieurs fois d'attacher mon vélo sans qu'il ne disparaisse, et pas besoin d'attacher la roue avant ou de partir avec la selle sous le bras si on veut toujours les avoir le soir. Une fois, je m'étais trompé de manière importante sur les tips (pourboires), et l'on m'a débité le montant correct et non celui erroné. Cela procure un drôle de sentiment que tout va bien dans le meilleur des mondes. D'ailleurs, les Américains que j'y ai rencontré étaient dans l'ensemble d'accord pour signaler que Boulder ne représente pas les USA, mais correspond plutôt à une bulle.


Boulder se place également plus ou moins à la pointe de l’écologie, avec une taxe carbone locale unique aux Usa et un recyclage important des déchets. Les bus roulent au biodiesel (initiative discutable, mais initiative tout de même) et les vélos sont plus qu’encouragés. Ainsi, on peut parcourir la ville entière sans traverser une rue, grâce à un système de pistes cyclables extrêmement bien développé incluant notamment des tunnels larges. Il faut quand même dire que le climat aide beaucoup ! Dans le même esprit, une loi fédérale donne la priorité aux piétons et cyclistes aux passages piétons, rappelée avec force panneaux et lumières pour les étourdis.

Le gros hic de la ville : c’est l’une des plus polluées !! En effet, l’électricité provient de centrales à charbon dont les émissions sont rabattues au pied des rocheuses dans un mouvement tourbillonnaire… Quant aux voitures, défense de toucher, cela reste un symbole des Usa. Et il faut bien admettre que, dans les grands espaces américains, il n’y a hors des villes absolument aucun autre moyen de transport que la voiture, … ou l’avion.


Côté nature, les Flatirons, un des symboles de Boulder, dressent leurs dalles plates au-dessus de la ville, proposant son paquet de ballades quotidiennes depuis la ville. Un peu plus loin (une heure de route environ), le parc national des Rocheuses permet de s’élever plus haut, jusqu’à 4 345m avec le Long Peak. De très nombreuses randonnées y sont possibles, à la journée ou sur plusieurs jours (il faut alors acheter un permis pour camper sur un des sites autorisés). En hiver, il est possible, là-bas ou ailleurs, de se promener en raquettes ou en ski. Pour les plus sportifs, les grandes stations du Colorado (Aspen, Beaver Creek, Reckenbridge, A-Basin …) ne sont qu’à 2-3h de route sur l’I 70. Gare toutefois aux bouchons en soirée de weekend, puisqu’il n’y a que cette route pour toutes les rejoindre depuis Boulder ou Denver.

Dans la ville en elle-même, il n’y a pas matière à s’ennuyer. The Hill (la colline), le quartier étudiant derrière l’université adossé aux Flatirons, propose dès jeudi soir et jusqu’à dimanche une concentration incroyable de soirées, souvent plus d’une en moyenne entre deux intersections de rue . Ailleurs, le centre ville au pied de la colline offre son lot de bars et restaurants autour de la rue en partie piétonne Pearl Street, avec toutefois la fameuse fermeture nationale décrétée à 2h du matin… Puritanisme, puritanisme… Mais en privé, rien n’est vraiment interdit, tant que les voisins ne se plaignent pas. D’ailleurs, il est impressionnant de constater à quel point la ville est plutôt propre, notamment les vendredis, samedis et dimanches matin, malgré la probabilité élevée de résidus mi-solide mi-liquide issus de soirées… Et très peu de véhicules de nettoyage, contrairement à Paris. Sur la carte, le point A indique l'emplacement de la colocation où je logeais pendant 5 mois.

Un autre phénomène est celui des sans-abris. Attention, rien à voir (ou si peu) avec Paris. La réputation de Boulder aux Usa est un peu celle d’une ville de hippies, où le haut niveau de vie amène une impression de relâchement et de bien-être. Ce qui en fait une étape de choix pour tous ceux qui veulent traverser les Usa à pied sans le sou. Cependant, il faut bien admettre que leur concentration a augmenté avec la crise économique. Mais cela ne dérange pas autrement la population, probablement tant que les rapports restent cordiaux, ce qui est le cas.


La ville vie beaucoup au rythme des activités étudiantes, en tout cas lorsque j’y étais.

Cela commence avec la March Madness, phase finale du championnat de basket-ball universitaire. Durant un seul mois, 64 équipes universitaires s’affrontent lors de confrontations directes pour le titre NCAA, ce qui donne une quantité incroyable de matchs chaque soir. Phénomène télévisé plus médiatique que les finales de NBA, il draine presque autant de spectateurs que le Superbowl, événement sportif le plus suivi aux Etats-Unis. Le président lui-même est d’ailleurs tenu de livrer dans un show d’une heure son pronostic sur tous les matchs de la phase finale, ce qui n'a pas été pour déplaire à Obama, grand fan de basket. Tout ceci s’explique par l’attachement des Américains à leur université, qu’ils retrouvent le temps d’un mois en supportant leur équipe. Et même en cas d’élimination précoce, ce qui a été le cas de l’équipe de CU, la madness n'en démord pas, mes colocataires étant vissés chaque soir devant la télévision (et moi avec^^), culminant lors de la finale universitaire en un rassemblement d'une vingtaine de personnes dans l'appartement.

Plus tard dans l’année, on peut citer le 420, relatif à l’expression 420 friendly, ou consommateur (occasionnel ?) de marijuana. Cela se traduit le 20 avril (ou 4/20) à 16h20 par des rassemblements dans le monde entier pour consommer la fameuse herbe. On aime ou on n’aime pas, mais Boulder draine à cette occasion entre 5 000 et 10 000 participants sur la pelouse de l’université, malgré la désapprobation officielle du chairman…Les policiers, eux, ne peuvent que se transformer en secours d'urgence pour ceux qui auraient un peu trop abusé sur la moquette.

Fin avril, place aux conférences sur la géopolitique: un concentré fantastique de conférences en tout genre sur l'économie, la mécanique, la politique intérieure et extérieure, retour sur la guerre d'Irak, l'écologie, la sociologie, l'Islam... A raison d'une quarantaine de conférences par jour pendant une semaine, l'école propose une ouverture sur tous les phénomènes d'actualité avec des intervenants de qualité et au cœur des sujets abordés. Signe du but principal de ces conférences, les étudiants y ont priorité absolue sur tous les autres spectateurs pour poser leur question.

Un peu après, le Folsom Field, grand stade de 65 000 places de l’université, trouve une occasion de se remplir lors d’un match d’entraînement de l’équipe de football (à ne pas confondre avec le soccer). Une autre occasion arrive avec le fameux Boulder-Bolder lors du Memorial Day, le 31 mai. Cette course de 10 km dans les rues de la ville avec l’arrivée au stade donne lieu à des attractions en tout sens, ici un concert sur scène, là une troupe de cornemuses, ici un stand inopiné d’arrosage par des habitants dont la maison est sur le passage, bref, un grand rassemblement !

Entre ces deux évènements, le campus accueille mi-mai les familles des universitaires pour la Graduation, grande cérémonie de remise des diplômes aux masters et aux doctorants. Le weekend d’après est pour le coup l’un des plus festifs !

Par la suite, le campus se vide de ses étudiants, ouvrant une période plus calme. L’Independance Day (4 juillet) est toutefois l’occasion pour faire un grand feu d’artifice sur la ville, mais il n'y a pas grand-chose d'autre à se mettre sous la dent à cette époque.

Après mon départ, la rentrée des cours à eu lieu mi-août, et le championnat universitaire de football vient tout juste de commencer. Par une défaite, malheureusement ...


Voilà pour une description un peu plus que succincte de la ville où j'ai vécu pendant 5 mois. Si vous voulez que je développe d'autres points, n'hésitez pas à le signaler dans les commentaires !

dimanche 29 août 2010

Bref résumé des trois derniers mois

Hello,

Histoire de donner quelques nouvelles et de montrer que je ne suis pas mort, puisque certains en demandaient ^^, je fais donc un bref résumé des dernières semaines où j'ai été sérieusement occupé au point de délaisser assez méchamment ce blog.

Côté stage: il s'est fini il y a un mois, le 30 juillet. Enfin, pas vraiment fini, puisque la coopération va jouer les prolongations jusqu'en décembre, le temps de terminer les simulations et de rédiger un article dont je serai très fier !!

Côté Boulder: j'ai rendu ma chambre à peu près au même moment, fait auparavant une soirée de départ avec tous ceux que j'ai pu rencontrer à Boulder (plaisirs et émotions partagés), vendu mon vélo, bref, tout bouclé. Et entreposé pas mal d'affaires chez un copain avant de quitter le Colorado (mais pas les Usa) pour le mois d'août. Voilà, Boulder, c'est maintenant (presque) du passé. Glups.

Côté voyages:
Juste après le voyage en Utah et Arizona relaté dans un billet précédent, j'ai rejoins Amélie le temps d'un week-end dans son nouveau lieu de résidence, à Montréal ! 3 jours à la retrouver et à découvrir cette ville aux immeubles un peu tristes mais à la vie culturelle, artistique et sociale tellement développée qu'elle éclipse largement le côté BTP.

Plus tard, avant même de finir le stage, j'ai passé 4 jours avec Paul, normalien lui aussi, à New York mi-juillet à me ballader au milieu des gratte-ciels, visiter l'Italytown et la little China (à moins que ça ne soit l'inverse ^^), profiter du dimanche à Central Parc et parcourir Brooklyn. Bref, beaucoup de choses à faire et pas beaucoup de temps, notamment vu la sidérante diversité que l'on peut trouver à New York, une fois passé l'ébahissement (mais pas la fascination) du centre-ville. C'est peut-être un endroit où retourner pour découvrir la ville un peu plus en intimité.

Une fois le stage fini, et après quelques jours de préparation, départ le 4 août pour la Californie. En copilote, Marie, bretonne de son état rencontrée à Boulder. On part tout d'abord faire la highway 1 sur la côte pacifique entre San Francisco et Los Angeles, route somptueuse à flanc de falaise et au bord de mer. Puis viennent ensuite 2 jours à Santa Barbara, en plein milieu de feria, avant de filer sur Los Angeles où l'on retrouve Irina, de Bulgarie. Après notamment quelques aventures nocturnes épiques et une visite comme il se doit au Walk of Fame, direction la nature, et plus particulièrement Death Valley. Afin de bien négocier la chaleur, la nuit est particulièrement courte, levé à 4h30 notamment pour voir le lever de soleil et visiter suffisamment la vallée avant les grandes chaleurs (prévues à 47°). Le soir, on est déjà à Sequoia national parc, où l'on manque de peu de voir 3 ours le lendemain. Et le soir même, on crèche cette fois à Yosemite. Le Half Dome est avalé le lendemain par un temps magnifique, suivi d'un dernier jour avant un retour à la civilisation par quelques jours à San Francisco.

C'est là où nous nous séparons, Irina et Marie rentrant à Boulder et je me retrouve seul à tourner le dos à la France pour m'envoler encore plus loin vers l'ouest, direction ... Hawaï ! 10 jours magnifiques mais bien trop courts passés à parcourir dans l'ordre les trois îles de Oahu, Kauai et Big Island. Au programme tellement diversifié: randonnées sauvages au milieu des montagnes (car oui, c'est montagneux !), snorkeling au milieu des poissons et des coraux aux couleurs fantastiques, ballades au travers des cratères de volcan pas encore totalement endormis, escapade à 4 000 m d'altitude au sommet du Mauna Kea (malheureusement, l'été était très sec, donc pas de neige...), coups de soleil sur la plage et nuit à la belle étoile avant que les moustiques ne gagnent la guerre. Et aussi rencontre inopportune avec un chien, le parc-choc de la voiture a eu très mal. Quant au chien suicidaire se jetant sous mes roues (mais les manquant heureusement) en pleine nuit, je ne peux rien vous en dire malheureusement...
Bref, c'était 10 jours fantastiques à rencontrer tout plein de gens, notamment une étudiante allemande en économie, un couple Hawaïen habitué des voyages à la dure de par le monde, une anthropologue américaine à la pointe de tout sauf de la technologie, un professeur de danse canadien fasciné par les laves et enfin une Danoise treckeuse venue pour se perdre dans la nature. Et probablement trop peu de temps pour tout ça...

Pour clôturer ce mois, 3 jours de "repos" à Vancouver, parcourir cette ville encore traversée par les récents jeux olympiques et profiter des derniers beaux jours. Mais déjà le retour en France se fait sentir, la tristesse de quitter les amis d'ici, la promesse de les revoir dès que possible, et la joie de retrouver le bon vieux sol français et les amis qui le foulent.

Après une dernière soirée à Boulder, l'avion m'attends donc lundi sur le tarmac, arrivée en France prévue le mardi 31 août à 8h du matin. Il sera alors temps de vous revoir, ASAP ^^

mercredi 14 juillet 2010

Petite expérience à l'hôpital américain

Bon, déjà, rassurez-vous tout de suite, l'urgence n'était pas pour moi, et de toute façon, il n'y a pas eu mort d'homme. Mais cette histoire vaut le coup d'être racontée.

Vous savez, ou avez peut-être déjà entendu parler, du système de santé américain. Et bien, pour vous, je l'ai expérimenté !!

Vendredi dernier, on faisait du tubing (en gros, descendre la rivière dans une bouée) dans la rivière de Boulder. Sport (ou attraction, comme on voudra) très répandu à Boulder, il charrie son lot de blessés, car dès que l'on passe par-dessus bord, les rochers ne sont jamais très loin.
Et donc, vendredi dernier, un copain (Adnan pour faire court) a fait la rencontre un peu brutale d'un de ces rochers, qui lui a méchamment entaillé la jambe. Étant Bangladhesien, i.e de couleur de peau plutôt foncée, autant dire que la plaie, sous le sang, était plutôt blanche, et donc on craignait d'être un peu trop près de l'os.

Bref, après qques minutes de réflexion, et sachant que le monsieur partait le lendemain pour 3 semaines en Europe, on a joué la carte sécurité et on a filé vers la case hôpital.

A l'arrivée aux urgences, autant dire que c'était désert. Une dame d'environ 50 ans sans blouse (infirmière ?) nous prend en charge après 5 min d'attente et fait assoir Adnan sur une chaise. Et l'interrogatoire commence, il durera bien 10 min. Mais en fait, ce n'était pas du tout celui auquel je m'attendais !!!
Nom ? Prénom ? Date de naissance ? Lieu de naissance ? Vous habitez à Boulder ? Où ça ? Ah bon? Ce n'est pas l'adresse qui est enregistrée. Ah, vous avez déménagé ? C'était quand ? Ok. Et vous avez une assurance ? (Ah, là, déjà, on se rapprochait un peu) Qu'est-ce qui vous est arrivé ?

Stop ! Je n'aurai jamais cru que cette question allait finalement arriver ! Petit coup d'œil au chrono: ça doit bien faire 5 min qu'Adnan se fait questionner, probablement plus. Autant dire qu'entre temps, sa chaussette avait perdu pas mal de sa blancheur ! Puis vient une basique auscultation histoire de vérifier qu'il n'est pas évanoui (oui, oui, on ne sait jamais). Prise de tension. Prise du pouls. Elle gère si bien, la dame, qu'elle fait râper le câble gris sur la plaie, sans même s'en rendre compte. C'est Adnan qui le lui fait remarquer. Un bref "sorry" clôt l'incident. Le câble, lui, s'est fait repeindre en rouge sur 10 cm environ.

Bref, le premier obstacle est passé, Adnan se fait installer sur un lit d'une salle d'attente. Un interne passe pour désinfecter et essuyer la plaie, et on commence à papoter en attendant le toubib, le vrai. Vous inquiétez pas, tout va bien, la blessure saigne encore. Entre-temps, une femme vient récupérer le numéro d'assurance d'Adnan pour lancer la procédure administrative. Parce que là, il n'y a pas de temps à perdre ^^ Celui-ci m'explique juste après que jusqu'à 250$, c'est lui qui paye, et l'assurance paye le surplus s'il y a. Sous-entendu, ça va lui coûter plus de 250$...

Après une trentaine de minutes, je traverse le couloir totalement vide pour demander à la "réceptionniste" ce qu'il en est, si un docteur doit passer le voir. Oui, me dit-elle, c'est juste qu'il a des cas plus urgents à traiter. Vu l'affluence, je veux bien la croire... ou pas.

Quelques minutes après (lien de cause à effet ou pure coïncidence ?), un docteur débarque enfin dans la salle. Et là, pour une fois, ça va enfin aller très vite. Un peu trop même. En deux secondes, le toubib met Adnan devant deux choix: mettre des agrafes ou laisser cicatriser comme ça, ce qui prendra un peu plus de temps. La première option coûte évidemment plus cher que la première. En parlementant, Adnan obtient quelques infos supplémentaires (comme le fait de repasser à l'hôpital 9 jours après pour se faire retirer les agrafes, détail mineur bien sûr), et se voit sommé de prendre sa décision, peut-être 3 min après l'arrivée du toubib.. Ce qui devait prendre 30 sec s'est éternisé pendant 10 min, et ce qu'on voulait voir durer est donc torché en 2 temps 3 mouvements. Pas le temps de trop réfléchir, il faut prendre la décision tout de suite, car "sinon, je vais aller m'occuper d'autres personnes". Ok, il ne s'agissait pas de vie ou de mort, mais bon. Le toubib conseille de mettre les agrafes, mais à la différence d'un toubib en France, je me suis vraiment posé la question de savoir s'il le conseillait du point de vue médical ou financier. Pour l'anecdote, Adnan choisit de ne rien faire et de laisser cicatriser.

Bizarrement, il n'a même pas demandé le prix exact des deux options. Il m'expliquera après que, de toute façon, ça coûtera plus de 250$, donc, l'assurance jouera, et lui, il payera 250$ quelque soit sa décision. Oui, oui, venir aux urgences pour se faire désinfecter et conseiller, pour finalement ressortir sans rien faire, ça coûte plus de 250$. Pas sûr que ça coûte autant en France, même avant le passage de la Sécu et de la mutuelle.
Et on n'a même pas parlé de faire des radios. Probablement que ça doit coûter une fortune, comparé aux 15 malheureux euros que j'avais payé en France pour 3 radios d'un poignet douloureux.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce passage à l'hôpital, et j'étais surtout content de ne pas être à la place d'Adnan. Je me souviens avant de partir, la sécu m'avait annoncé qu'elle remboursait les opérations médicales aux Usa sur la base du montant des remboursements en France multiplié par 4,5. Au début, je m'étais dis: whaou ! Maintenant, pas sûr que je veuille y faire un tour.

Dans le même genre, une amie ici était passée voir un cabinet de dentiste pour connaître le prix d'un lifting d'une dent. On lui a facturé 54$ un entretien de quelques minutes à l'issu duquel elle n'a même pas eu l'information demandée. Bien sûr, sans prévenir de la facturation, qu'elle a reçu deux semaines plus tard chez elle.

Et pour faire encore plus gros, mon co-bureau ici s'est fracturé ou cassé le pouce un jour chez lui, je ne sais pas trop comment. Ca lui aura coûté moins cher de prendre un billet aller-retour pour le lendemain et de se faire opérer chez lui, en Corée du Sud (la porte d'à côté bien sûr), pour revenir 3 jours plus tard, que d'aller fréquenter les hôpitaux américains.

Idem pour un français qui se fait un check médical complet chaque fois qu'il passe en France, ça lui coûte moins cher que de réaliser un cardiogramme ici.

J'aurai quelques autres histoires dans le genre à raconter, mais vous avez déjà un bon aperçu.

Bon, allez, quand même, y'a un avantage qu'un Argentin m'a fait très justement remarquer et que je vous donne. Comme tout a un prix, cela reste possible aux Usa de se faire opérer ou traiter pour des maladies très rares, ce qui n'est pas possible en France, car l'équipement coûte trop cher et n'est donc pas amorti par le faible nombre de cas à traiter. Et c'est vrai qu'entre la vie et l'argent, la vie reste quand même prioritaire.

Et pour la petite histoire marrante (ou pas), un américain s'est fait diagnostiquer une fois un cancer qui devait l'emporter en 6 mois. Résultat, il a lâché son boulot, tout vendu, et est parti dans un tour de monde de 5 mois. Au retour, nouvel examen, et là, surprise, il n'avait qu'une maladie de rien du tout. Ruiné, il a porté plainte contre l'hôpital. Je n'ai pas connu le résultat, mais ça ne m'étonnerait pas qu'il ait gagné.

Conclusion, si vous vivez ou passez faire un tour aux Usa, portez-vous bien et tout ira à la perfection. Si vous êtes malades, c'est (peut-être) plus indiqué de vivre/revenir en France. Quant à moi, rassurez-vous, tout va bien (pour l'instant...)

Petit additif : ma coloc m'a avoué qu'elle n'avait pas assez d'argent pour s'offrir une assurance santé. Alors elle croise les doigts en attendant des jours meilleurs (la nouvelle loi, par exemple ?).

samedi 26 juin 2010

Voyage voyage : 3e (et 2e épisode), les grands parcs nationaux

Après Mesa Verde, je passe directement au 3e voyage sans passer par le 2e. What happened in Las Vegas stays in Las Vegas... On a juste décidé d'aller y passer un week-end, parce qu'à Yellowstone, destination première, le temps était dégueulasse. Et rien à regretter ! Mais je m'arrête donc là :)

Le voyage dont je vous parle ici, c'est celui d'une semaine entière à faire le tour des grands parcs nationaux d'Utah et Arizona.
On était juste deux, la faute à une période peu propice aux vacances pour la plupart des connaissances ici. Et donc, une période avec pas trop de monde sur la route non plus !

Tout a commencé un vendredi soir. Le prélude du voyage se déroulait à côté de Denver, dans la place nommée "Red Rocks Amphitheater", pour voir MGMT en concert. En gros, ça donne ça. En fait, pour être honnête, je n'ai pas pu prendre cette photo, et pour une bonne raison: on a eu droit à un déluge comme j'en ai rarement eu !! Des trombes et des trombes d'eau pendant 3h sans discontinuer, une scène inondée, la moitié du public, rincé, qui s'enfuit sous les rafales d'eau et de vent, ... Le reste (dont votre serviteur ^^) restera jusqu'au bout pour apprécier les meilleurs tubes du groupe. Ça restera un souvenir !!

Après cela, nous prenons la route durant la nuit pour Utah, et précisément Capitol Reef. Le samedi qui suit se résume comme prévu à faire de la route, et ce n'est pas plus mal, puisqu'on a tout au menu: soleil, arcs-en-ciel, pluie, orage, grêle, neige... De quoi décourager pour un début de voyage, mais aussi prendre de belles photos.



Malheureusement, la météo, toujours elle, va nous obliger à reporter au lundi une randonnée prévue le dimanche et à prolonger la route samedi soir jusqu'à Bryce Canyon, où nous arrivons malgré le froid pour le coucher de soleil, le premier d'une longue liste:



Le lendemain, sous des nuages parfois menaçants, nous faisons la traversée de Bryce Canyon, souvenir du voyage familial d'il y a 9 ans. Les quelques gouttes dissuadent de nombreux promeneurs, ce qui permet d'être bien plus tranquilles et d'en profiter d'autant plus. Libre à vous d'exercer votre imagination pour retrouver un lion, une forteresse, une vierge Marie, ou n'importe quoi d'autre :


Le soir, retour en arrière pour aller établir la tente au beau milieu de nul part et diner devant un superbe coucher de soleil, le deuxième:


Le lendemain, lundi, premier jour de beau temps, enfin ! Au programme, randonnée dans un "slot canyon", mais qui était quand même assez large, celui-là. Pas suffisamment toutefois pour éviter la formation de quelques flaques. Chacun sa manière pour les franchir :


L'après-midi, après un 3e et dernier passage dans notre boulangerie préférée des Usa (pain noir, pain à la banane, baguette française presque aussi bonne qu'en France, ...), grosse route jusqu'au Grand Canyon, une moyenne d'un mobilehome tous les 100 miles (je ne parle même pas des villes... ), de splendides paysages, et encore un magnifique coucher de soleil:



Enfin, le lendemain, le voici le voilà, le Grand Canyon ! Et après deux petites randonnées d'échauffement les jours précédents, il est temps de passer à l'essentiel: descendre dedans ! On est parti trop tard pour atteindre la rivière, mais de toute façon, ça n'est peut-être pas le plus beau côté du canyon. Notre objectif, c'est le "Plateau Point" qu'on peut facilement voir sur la première photo, tout au bout du plateau et du chemin. 977m de dénivelés et 12 miles (environ 20km) de ballade en tout.


La remontée est réellement éprouvante, parce qu'en descendant, on ne s'économise pas trop, tout va bien, même si on transpire déjà bien. En bas, c'est "seulement" 35°C, mais ça cogne méchamment. Idem pour la remontée. Résultat des courses, on a bien du boire 2,5L d'eau par personne pour la remontée. Temps total, dans les 7h, plus une sieste d'une heure dans le délicieux oasis Indian Garden situé au dans un creux du canyon.
Malheureusement, cela nous fera rater de peu le coucher de soleil sur le Grand Canyon.. Alors, le lendemain, on se rattrape comme on peut avec le lever de soleil à 5h11 exactement :


Après la grosse rando du mardi, le mercredi est REPOS ! On passe la journée à faire le tour des points de vue du Grand Canyon, puis route vers Monument Valley au beau milieu d'une tempête de sable:


Cela nous fait d'ailleurs (encore) un (autre) éblouissant coucher de soleil:


Et comme on ne se refait pas, le lendemain matin, après une nuit (dans la voiture) probablement au meilleur endroit imaginable, lever de soleil sur Monument Valley !


Après quelques heures de route (avec une pause baignade au milieu) nous atteignons le dernier objectif de cette semaine, Arches. Redépart en rando, bien légère cette fois-ci:




L'objectif de la fin de la journée, une fois n'est pas coutume, est de voir le coucher de soleil, avec cette fois une arche en fond de paysage:


Enfin, vendredi, pas de lever de soleil, mais un dernier petit passage dans un parc national, toujours Arches en l'occurrence:


Puis retour vers Boulder, par cette Interstate 76 que je commence à bien connaître maintenant. Et le soir, pas de relâche, l'avion m'attendait à Denver. Mais là, c'est une autre histoire :)

vendredi 25 juin 2010

voyage - voyage: Mesa Verde

Il semblerait que ce blog ait été abandonné par son propriétaire depuis un petit moment... Le proprio ne se sent pas fier à l'heure qu'il est, mais une raison (valable ?) est l'accumulation de voyages en tout genre ces dernières semaines. Bref, par où commencer ? Peut-être juste dans l'ordre chronologique.

Et donc, fin mai, on faisait route vers le sud, direction le Nouveau Mexique ! 7 internationaux (encore une fois) dans 2 voitures: Pays-Bas, Allemagne, France (2 représentants !), Argentine, Bangladesh et Usa. Même qu'un passager clandestin était de la partie:


Bon, en fait, pour lui, c'était un retour au bercail sur la route du sud.
Le premier stop est à Santa Fe, à l'ambiance typiquement mexicaine:


Arès une nuit bien agitée, la route reprend au milieu des montagnes, magnifiques, plein Est. L'objectif final, atteint en fin de journée, est Mesa Verde, là où les Indiens, bien avant les alpinistes, ont appris à utiliser des cordes, des échelles, etc:


Le soir, le camping s'organise autour des fameux smoares, agrémentés de bières et d'un bon vin chaud:



Le hic du voyage, parce qu'il en faut au moins un dans chaque voyage, c'est bien au réveil de ce 3e jour: Il neige !!! Tellement imprévu que certains (moi y compris) n'avaient pas emporté le nécessaire ^^:



Cet épisode imprévu n'est que de courte durée, le temps de s'engager sur la route du retour à Boulder. Pas par les autoroutes, au contraire, c'était au milieu des montagnes, une journée entière de route pour des paysages bien à l'américaine, avec au milieu un passage par "black canyon" dont la noirceur était accentuée par la neige:






Pour être honnête, je n'ai pas le temps ce soir de compter les autres voyages réalisés depuis, ça arrivera bientôt ! Soyez patients ;) Et si ça peut vous rassurer, je n'ai rien prévu les deux prochaines semaines, donc je devrais avoir du temps pour ça ^^